15 grammes

Une visite imprévue

Samedi 27 Octobre 2007 à 16h23

Finalement, je ne suis pas allée chez cette amie qui m'attend. Je n'ai même pas pris la peine de la prévenir. J'attends mon mari, il va bientôt rentrer.

Je n'ai rien fait depuis ce matin et au moment où je me décide enfin à me glisser dans mon bain : ça sonne à la porte ! Je suis sortie aussitôt. C'était un de mes amis les plus proches. Je vais l'appeler Gio dans ce journal.

On dirait qu'il sent quand je vais mal ! Je l'adore... Il est passé en vitesse avant d'aller travailler, un petit café et hop, reparti. Il a un peu testé mon humeur et j'ai souri pour qu'il ne sache pas que je vais mal. Je ne sais pas si il a marché dans ce jeu mais il n'a pas insisté. Il n'est pas du genre à insister d'ailleurs. Il est plutôt de ceux qui lancent une perche pour qu'on leur dise ce qui ne va pas mais qui n'insistent pas face à un mur. Et là, j'ai été un mur qui lui a souri.

Gio a eu des sentiments pour moi à une époque où nous étions tous les deux célibataires. Nous avons passé beaucoup de temps ensemble à cette époque et la porte de mon appartement était grande ouverte pour lui. Ce n'était pas le cas pour tout le monde à cette période de ma vie. Ensuite, j'ai connu mon mari et nous avons formé un "trio", entre amour et amitié. Gio a fait sa vie sentimentale et moi j'ai construit la mienne avec celui qui m'a épousée. D'échecs en déceptions, Gio s'est retrouvé seul et a partagé nos repas, notre vie quotidienne et toutes nos amitiés pendant des mois. Des mois... presque deux ans !

Aujourd'hui il a de nouveau quelqu'un dans sa vie et il est très heureux, je suis heureuse pour lui d'ailleurs. Cette femme, je ne l'apprécie pas vraiment, elle est fausse et elle ment. Elle ne se rend même pas compte que je sais qu'elle ment. Je n'ai pas confiance en elle, et je pense que si elle est agréable avec moi c'est simplement parce qu'elle sait que j'ai un lien fort avec Gio. Alors je fais comme elle, de grands sourires, et je l'écoute me mentir et se raconter une vie qui n'est pas la sienne. Gio est heureux, c'est l'essentiel... J'ai eu du mal à accepter que du jour au lendemain il ne vienne plus quotidiennement nous voir, et pourtant, c'est la vie.