15 grammes

Comment m'en sortir ?

Dimanche 11 Novembre 2007 à 10h00

Par où commencer... ? Il y a bientôt un an, tout commençait, en décembre. Quelques mois plus tard, fin avril ou début mai, tout s'arrêtait.

J'ai beaucoup pleuré. J'ai versé tellement de larmes ... je pensais peut-être inconsciemment que ça évacuerait mon mal-être. Faux. Aujourd'hui je ne pleurs plus autant, mais j'ai mal comme jamais.

Je ne sais pas si c'est le fait d'écrire ce journal qui me fait penser aussi fort à lui. Je ne crois pas. Sans conviction.

Je passe du temps à regarder ses photos, à me souvenir du goût de sa bouche et de l'odeur de sa peau. Je pense à ses cheveux, ses yeux qui me regardent, son sourire. Je pense à son écriture que j'admire et son intelligence qui m'impressionne. Et quand je n'ai plus que lui en tête, je me dégoute.

Pourquoi ne pas le sortir de mes pensées ? Parce que je ne sais pas comment faire.

Je me dégoute profondément. Je me hais. Je suis une salope qui rêve du mec de son amie, dans le dos de son propre mari. Mais comment une fille bien peut-elle devenir une moins que rien comme ça ? Parce que oui, j'étais une fille bien !

On m'a déjà trompée, et la douleur que cela m'a provoqué aurait dû me vacciner définitivement contre toute forme d'infidélité. Et pourtant, je suis tombée dedans à pieds joints. Mais MERDE, je n'ai jamais été aussi bien dans ma peau que quand j'étais aimée par ces deux hommes en même temps !!!

J'ai envie de savoir si il pense encore à moi. Ca peut paraître con mais j'aimerais qu'il ait mal comme moi, qu'il ait du mal à s'en remettre de cette histoire, tout comme moi. Je me sentirais moins seule, moins conne, moins piteuse.

J'ai honte, tellement honte.

Je vais le voir cet après-midi car c'est aujourd'hui que nous lui offrons son cadeau d'anniversaire. Je n'ai pas dormi de la nuit. Je voudrais qu'il me voit souriante, mais je ne peux pas prévoir comment je serai en le voyant. Je pense qu'il ne fera pas attention à moi et je vais prendre sur moi, comme d'habitude.

Et dire qu'il y a un an c'est lui qui m'a dit "Non, n'arrête pas de m'écrire et de me téléphoner, ça me fait tellement de bien !".

Je suis une moins que rien. Je suis devenue tout ce que je deteste. Je l'aime encore et je ne peux rien faire contre ça. Il avait raison de tout arrêter, je ne mérite pas le bonheur.