J'ai quitté le bureau à 20h30 hier soir, après quelques verres de Beaujolais Nouveau.
Mon mari travaillait, j'en ai profité pour aller chez une amie qui m'attendait pour manger.
Sur le chemin, j'ai pleuré, pleuré, pleuré sur mon sort. L'alcool, la solitude, le froid, la route interminable, je me suis trouvée pitoyable. Et j'ai pensé à ma situation, aux risques que j'ai pris quand je voyais Luigi après le bureau, au mal que j'aurais pu faire à tout le monde si quelqu'un nous avait vus.
Quand j'y pense, oui ça me fait mal. Mais quand je vivais l'histoire, rien ne me touchait, j'avais un bonheur sans limite.
Je redoute vivement la soirée de demain. Nous serons tous les 4, je ne sais pas comment je vais être. A vrai dire, je ne contrôle plus rien de mes humeurs. Je suis aussi bien capable d'être souriante et passer une superbe soirée que de fondre en larmes à table en trouvant une excuse bidon.
Avant, Luigi me caressait la main sous la table, il entrelaçait ses jambes avec les miennes, tout ça en présence de nos conjoints. Cela créait une complicité terrible entre nous... mais maintenant que j'y repense, c'était tellement mal !
Comment est-ce que je réagirais si mon mari carressait la main d'une autre sous la table ? Comment je prendrais le fait qu'il envoie des sms enflammés à une autre ? Et je dirais quoi si il avait la certitude d'aimer deux femmes ? Et je me sentirais comment si je savais que son esprit est ailleurs quand il est avec moi à la maison ?
Aïe. Voilà des questions que j'aurais dû me poser plus tôt ! C'est certainement Songe qui m'a aidée à en venir là car ses réflexions m'aident à inverser les rôles. Merci Songe.
Ce n'est vraiment pas facile d'ouvrir les yeux. On dit que l'amour rend aveugle... non ?