Après une journée au bureau à s'écrire notre amour et à se dire tout notre attachement par téléphone, nous nous donnions rendez-vous. En cachette. Moi qui ne sais pas mentir, j'étais tout de même folle de joie de le voir. Lui aussi.
Alors je me dépêchais, je faisais ma route avec une boule dans le ventre, une impatience hors normes.
Arrivée sur ce parking, je l'attendais... Et puis lorsque je voyais arriver sa voiture au bout de la rue, cette boule dans mon ventre explosait !
Une joie, un trac, une émotion, une explosion.
Je laissais ma voiture et montait dans la sienne. De là, on se sauvait... Jusqu'à un endroit qu'on appelait "chez nous". Comme des enfants.
Au départ, j'étais souvent tellement émue que j'étais un peu génée. Puis je prenais un plaisir indescriptible à l'écouter me parler, l'embrasser, toucher ses mains, passer ma main dans ses cheveux, lui caresser la joue, toucher ses lèvres.
Parfois, les câlins devenaient un peu plus chauds, mais il n'y a pas eu de rapport physique. Nous n'avons jamais couché ensemble. Il m'a dit une fois que je méritais mieux qu'un siège de voiture. Au fond de moi je me dis qu'heureusement que ça n'est jamais arrivé.
Toute cette histoire était bien plus qu'une infidélité physique et purement sexuelle. Au contraire.
Il arrivait quelques fois que lui ou moi avions un petit coup de blues, d'être là, dans l'illégalité. Et puis lorsque le téléphone d'un de nous deux sonnait, il y avait un grand froid d'un seul coup. A ce moment là, il était temps de se quitter et retourner dans "la vraie vie".
Une petite demi heure de route pour moi et je revenais à la réalité, mon "autre réalité". Lui ne pouvait pas rentrer directement. Il allait se changer un peu les idées avant de rentrer chez lui. Je ne sais vraiment pas comment on a pu faire quelque chose d'aussi moche dans le dos des personnes que nous aimons et avec qui nous partageons nos vies.
C'est vrai, c'était moche, mais si nous avons réussi à le faire lui et moi c'est parce qu'il y avait de l'amour. C'est la seule explication. Un vrai amour. Un besoin. Une dépendance.
Je suis incapable de décrire l'état d'esprit dans lequel j'étais en rentrant. Cela me fait bien trop mal d'y repenser. Je préfère me souvenir de cette joie de le voir, et d'avoir l'impression qu'il était rien qu'à moi pendant quelques dizaines de minutes. Rien qu'à moi... et moi rien qu'à lui. Dans les bras l'un de l'autre.
Quel bonheur d'être près de lui ... Quelle chance j'ai eu de pouvoir vivre tout cela. Dure est la chute, mais doux sont les souvenirs.