15 grammes

La rage au ventre

Jeudi 13 Décembre 2007 à 10h42

Je suis malade. Encore et toujours des douleurs dans mon ventre. Et puis la rage. Peut-être qu’elle me fait mal, elle aussi.

Il y a des choses qui me révoltent. Au bureau. Dans la vie de tous les jours aussi. Ca ressemble à une lutte quotidienne ce que je vis en ce moment.

J’ai craqué et je viens d’envoyer un e-mail à Luigi. Je lui demande des explications. J’attends sa réponse avec impatience même si je sais d’avance qu’il va contourner le sujet. Je lui demande de m’expliquer pour quelle raison il a l’air de me fuir tout en me disant le contraire. Je sens comme un manque de franchise de sa part et je viens de lui écrire tout ce qu’il fallait pour vider mon cœur. Quand il comprendra que son comportement m’empêche d’avancer, il réagira peut-être et acceptera enfin de me parler clairement.

J’ai des choses en tête en ce moment qui me perturbent et j’essaye de faire le tri, souci après souci. Je repense au passé, à ces jours où j’ai voulu mourir. Hier une collègue que j’adore m’a dit clairement qu’elle rêvait qu’elle se suicidait. Du coup, je me suis souvenue que moi en fait quand j’ai attenté à mes jours, je n’avais jamais rêvé le scénario à l’avance. Je pensais aux réactions des gens, à la façon dont on me découvrirait, mais jamais à la façon que j’avais choisie pour mourir. C’est étrange d’y repenser. Je me souviens d’une fois où je me promenais toute seule au bord de l’eau, j’étais venue pour faire le point sur mes peurs, mes tracas, … et puis je me suis fait une réflexion très bête : « si je voulais partir maintenant, je ne pourrais même pas ». Je n’avais aucune idée de comment est-ce que j’aurais pu disparaître. Alors, il aurait fallu penser à une mise en scène, un moment, un endroit, une solution. Mais je me refusais de le faire. Je voulais mourir, mais sans préparer ma mort minutieusement. Je n’aurais pas laissé de lettre. Je pensais que si quelqu’un avait dû s’intéresser à moi, il aurait fallu le faire de mon vivant.

Finalement, je suis vivante, mais à moitié. Et des jours comme aujourd’hui, je survis plus que je ne vis.