15 grammes

Finalement...

Jeudi 24 Janvier 2008 à 9h56

Je suis allée voir la chérie de Luigi hier soir. Ca m’a fait un bien fou d’être avec elle sans nos hommes. Nous avons beaucoup discuté, nous avons joué avec la petite, j’étais vraiment bien avec elle. Mon chéri me manquait, certes, mais de toute façon je ne pouvais pas être avec lui vu qu’il travaillait.

J’adore cette fille, je l’adore vraiment. Je me demande comment j’ai pu lui faire « ça », tomber amoureuse de son homme. Comment ai-je pu me sentir bien dans les bras de Luigi alors qu’elle est mon amie et que j’aime mon mari ?

C’est incroyable quand même… Je ne me serais jamais cru capable. J’avais toujours eu l’impression d’être une fille « bien ». Avant.

En arrivant chez elle, je me suis garée à côté de la voiture de Luigi et je l’ai regardée. Cette voiture où nous étions dans les bras l’un de l’autre, cette voiture que j’attendais avec beaucoup d’impatience au coin d’une rue. Pendant un instant, j’ai cru qu’il valait mieux que je reparte, je me suis sentie vraiment bizarre à rêvasser à nos instants complices alors que sa chérie m’attendait toute seule chez elle. J’ai eu honte de moi ! Et puis je me suis ressaisie et j’ai sorti tout ça de ma tête. En deux petites secondes, les pensées pour Luigi sont parties. Ouf !

Plus tard, une fois ou deux, j’ai eu des flashes. Lui et moi sur ce canapé, exactement là où j’étais assise hier soir. Lui et moi dans ce couloir, là où elle me parlait. Lui et moi… là, là et encore là. Des bisous. Plein. Des câlins. Des tonnes. Des mots, des promesses, des inquiétudes, des regards…. Stop ! Avant que ça ne prenne trop d’ampleur, j’ai tout fait pour le sortir de ma tête. Luigi n’avait rien à faire dans mes pensées hier soir, il était hors de question que ça me pourrisse la soirée !

Et donc, nous avons beaucoup parlé. Cette femme est une des seules personnes de mon entourage à me poser des questions sur mon état d’esprit du moment et à écouter la réponse. Quand elle me demande comment je vais, elle ne le fait pas par politesse. Quand elle m’a demandé comment je me sentais par rapport à Gio, je me suis efforcée de ne pas fondre en larmes, j’ai dit que ça ne me faisait pas grand chose. Pourtant, la déception est immense… Je ne sais pas pourquoi je ne lui ai pas dit. Je pense que l’heure était plutôt aux discussions agréables, donc j’ai évité de m’étendre sur ce sujet qui n’est pas gai pour moi. Tout simplement.

En repartant, je me suis dit que nous avons eu de la chance Luigi et moi que rien ne se sache, que nos couples n’aient pas souffert de notre comportement, que rien n’ai éclaté au grand jour, que tout se soit arrêté sans dégâts pour nos vies respectives. Le seul mal c’est moi qui l’ai eu, tant mieux finalement.

Nous l’avons échappé belle…