15 grammes

Un jour, je serai grande !

Vendredi 1 Février 2008 à 10h07

Il n’est que 9h30 et j’ai déjà eu droit à une amie qui se lamente parce que sa mère vieillit, ma maman à moi qui se plaint de ne plus me voir (alors que je n’avais plus de ses nouvelles depuis des mois) et une collègue qui râle parce qu’elle n’arrive pas à envoyer un fax. Il est vrai que l’envoi d’un fax est d’importance primordiale… certainement plus que la maladie, la faim dans le monde ou la guerre !

Moi aussi je peste souvent pour des futilités, c’est vrai. Mais je m’applique à le faire de moins en moins et du coup je ne tolère pas qu’on le fasse devant moi à longueur de journée.

J’en ai marre de tous ces gens qui se plaignent. J’ai passé une soirée de merde, j’ai pleuré toute seule chez moi sans demander de réconfort à personne. De toute façon personne n’aurait pu m’aider je crois bien. Alors qu’on arrête de me saouler avec des pseudo-problèmes et qu’on me laisse régler les miens.

Cette amie commence à m’énerver. Elle m’envoie un mail pour me dire qu’elle va se suicider car elle ne supporte pas de voir sa mère vieillir. Non mais je rêve. Elle n’est pas malade sa mère ! Et puis je n’ai encore jamais vu qu’on prévenait par mail un suicide annoncé. Si mes souvenirs sont bons, quand j’ai voulu mettre fin à mes jours je n’ai alerté personne. Dans la douleur, la vraie, on est seul ! Comme disait Patrick Bruel dans une vieille – très vieille – chanson « On est tout seul quand on a mal, bien sûr… ».

J’ai déjà déprimé dans ma vie. Deux fois. Une grosse déprime et une dépression. En ce moment je sens que je suis à la limite. Je pleurs dès que je suis seule, je me couche dans le noir et je pleurs. Rien n’est normal dans ce comportement ! Alors je me bats toute seule pour relativiser, pour avancer, pour aller bien, pour aller mieux. Je fais en sorte d’écarter de moi ce qui peut me rendre malade ou me tracasser. Je n’ai plus le choix maintenant, c’est de moi qu’il faut que je m’occupe.

Luigi me l’avait déjà dit à plusieurs reprises, mon chéri me le répète à longueur de journée. Et puis d’autres me l’ont dit aussi. Je sais qu’ils ont tous raison. Et c’est maintenant que je mets en pratique. Les efforts que j’ai déjà faits me font déjà un bien fou, je le remarque.

Et surtout, il est hors de question qu’on s’apitoie sur mon sort. Je ne me plaindrai plus ! Je n’ai pas le droit. Il y a des gens qui vivent de vrais enfers. Pas moi. Mon enfer je l’ai cherché, je dois l’assumer maintenant.

Hier soir j’étais en larmes en partant du bureau. J’avais accumulé tellement de stress durant toute la journée qu’il a fallu que je relâche la pression. Et puis mon téléphone a sonné… Luigi ! Pas pour prendre de mes nouvelles, juste pour me tenir au courant concernant un projet commun. J’ai fait de mon mieux pour ne plus avoir de sanglots dans la voix, j’ai réussi et j’étais fière de moi.

J’avance, j’avance, j’avance, je pense enfin à moi, un jour, je serai grande !