15 grammes

Imprévu

Lundi 4 Février 2008 à 9h49

J’ai vraiment du mal avec l’imprévu. En tout cas en ce qui concerne Luigi. Depuis que notre histoire est terminée, je dois me préparer psychologiquement à chaque fois que je vais le voir. Réussir à prendre sur moi, ne rien laisser paraître, respirer profondément.

Hier, je n’avais pas eu le temps de m’y préparer. Je ne pensais pas le croiser du week-end. Et puis ça a sonné à notre porte… Lui ! Petite visite rapide et inattendue. Il récupère un DVD, boit un café et repart. J’ai mis un bon quart d’heure à revenir sur terre. A quoi est-ce que je pensais ? Eh bien tout simplement, à lui. Tout beau dans son gros pull d’hiver, tout bien rasé et avec un air reposé qui me plaisait bien.

Cette bouche, cette bouche… cette bouche qui m’a obsédée pendant des mois… j’ai évité tant que possible de la regarder. Il était totalement inconvenant de la regarder hier.

Pendant un court instant j’ai bien cru qu’un néon fluorescent s’était allumé au dessus de moi, avec une enseigne clignotante disant « Je suis mal, SOS ! ».

Un quart d’heure plus tard il était reparti. Soulagement ? Déception ? Je ne sais pas comment décrire mon sentiment à ce moment là… Le voir partir de dos, au fond du couloir, regarder sa démarche qui me fait sourire, jeter un dernier coup d’œil et faire comme si rien n’était…

Je suis toujours heureuse de le voir car il est quelqu’un d’extrêmement agréable mais il faut vraiment que ce soit une visite programmée. Si un étranger avait pu venir dans mes pensées hier, il aurait bien ri ! Si Luigi avait su ce que je pensais de lui à cet instant même, il m’aurait certainement maudite…

Je lutte au quotidien contre mes sentiments pour lui. Je pense y arriver de mieux en mieux. Et puis parfois, je me dis que ça ne fait pas de mal, que je pourrais bien faire comme j'en ai envie... et je pense, repense... et ce n'est pas du mal que je ressens. Au contraire.

Il a de la chance d'avoir réussi à m'oublier. Si c'est le cas, alors il a vraiment de la chance. Je l'envie un peu.

Plus rien ne sera plus jamais comme avant.