15 grammes

Je ne suis qu'une pleureuse !

Dimanche 24 Février 2008 à 12h52

Il va m'être très difficile de décrire la soirée d'hier. C'est un peu le fouilli dans ma tête. Nous sommes allés voir un concert dans un café avec Luigi et sa chérie, et puis d'autres amis. Ce n'est vraiment pas la meilleure soirée que j'ai passée.

Déja, la chérie de Luigi m'a beaucoup parlé de leur futur mariage et a partagé certaines angoisses avec moi. J'ai fait de mon mieux pour la rassurer car ses angoisses ne sont pas justifiées, mais j'aurai vraiment préféré ne pas aborder ce sujet avec elle. Elle était ivre, ce n'était pas le bon contexte pour parler de cela avec elle, elle a bien trop tendance à être négative quand elle a bu. J'avais envie de lui dire qu'elle devrait se rendre compte de sa chance...

Globalement, la soirée a tourné autour de "Luigi c'est bon laisse la faire ce qu'elle veut" et lui de répondre "Je gère, ne vous en mélez pas". Il est dur parfois, mais je sais qu'il avait raison. Il y a les soirs de fête, et puis les lendemains. Et Luigi est de ceux qui pensent aux lendemains et qui savent qu'il faut assurer quand on a des enfants. A dix reprises au moins, je me suis dit que je donnerais tout pour qu'il soit attentionné comme cela avec moi.

Mais de quel droit je dis ça ? De quel droit je continue à rêver de ses bras ?? Honte à moi ! Honte à celle que je suis devenue !

Il y a quelques petites choses que j'ai relevées. Déjà, je n'ai pas l'impression qu'il m'a évitée. Pas trop. Il s'est comporté avec moi comme avec les autres, ouf ! Il y a juste une chose qui m'a mise hors de moi, c'est quand je lui ai proposé de terminer la soirée tous ensemble, ailleurs. Il a refusé, mais quand D. est venu lui proposer, il a accepté. J'ai été blessée et suis devenue mauvaise. Une discussion un peu aminée a suivi. Je lui ai demandé ce que j'avais bien pu lui faire pour qu'il soit comme cela avec moi. C'est certainement le dernier whisky que je venais de boire qui m'a donné le courage d'élever la voix avec lui. Mais ça m'a fait tellement de mal, tellement ! Je n'ai pas pu retenir mes larmes, je ne suis qu'une pleureuse...

Me disputer avec lui est une des pires choses qui puisse m'arriver. L'écrire et y repenser me fait encore du mal et j'ai vraiment beaucoup de peine. Après, tout s'est calmé, tout allait mieux. Mais j'ai honte d'avoir levé la voix contre lui. J'ai vraiment honte. Mon chéri, qui m'a vue pleurer, est venu me demander ce qu'il m'arrivait. Quand il a su que je m'étais un peu fachée avec Luigi, il m'a dit qu'il serait grand temps qu'on ai une conversation lui et moi, qu'il sait très bien que je ne supporte plus les distances qu'il a mises entre nous. Si il savait... Si il savait pourquoi Luigi a mis ces distances. Si il savait pourquoi ça me touche autant. Si il savait ô combien j'aimerais pouvoir parler avec Luigi et ô combien j'attends ce moment depuis des mois...

Il a été dur avec elle et moi je n'ai pas cessé de me répéter que je donnerais tout pour qu'il le soit avec moi. J'écris cette phrase en pleurant, car j'ai honte.

Je n'ai presque pas dormi. J'ai pensé à des tas de choses toute la nuit. J'ai été choquée lorsque Luigi s'est très vite retiré quand j'ai voulu lui montrer quelque chose et que ma main a touché la sienne. Ca m'a blessée. J'ai été choquée quand il m'a dit dans la voiture de chercher si il n'y avait pas un CD des Doors. Hors de question qu'on écoute ceci dans la même voiture, lui et moi. Hors de question que je repense à nos câlins avec les Doors en fond sonore. Hors de question ! Pour lui ça ne veut certainement plus rien dire. Je me demande même si il n'a pas définitivement sorti tout ces moments de sa tête et donc oublié que ça pourrait m'y faire repenser. Ou alors, il a fait exprès ? Un clin d'oeil au passé ? Je ne pense pas, vraiment.

Ce matin, je me sens fatiguée, vidée, je fais mon possible pour laisser mon chéri dormir. Je pleurs, en silence, dans mon bureau. Je me sens effroyablement mal et j'ai envie de le dire à Luigi. J'ai envie de lui parler de mon état d'esprit concernant notre désaccord d'hier, de lui expliquer combien ça m'a touchée. Je n'oserai certainement pas le faire et vais être mal toute la journée.

C'est de ma faute si je suis mal. Hier soir il s'est comporté avec moi comme un ami, c'est ce que je voulais, et pourtant j'ai encore à redire. Je ne serai donc jamais satisfaite ! Je ne sais plus où j'en suis, j'ai mal et je ne peux le dire à personne.

J'ai honte.

J'ai detesté cette soirée.

Ce matin, je voudrais pouvoir effacer la journée d'hier, revenir en arrière et ne pas me ridiculiser, ne pas passer ma soirée à le regarder et me dire qu'il a été l'homme qui m'a le plus aimée rien qu'avec son regard.

J'aurais voulu ne jamais me rendre compte que je ne suis plus rien. Je n'existe plus. Je suis déjà morte.

La vie n'est qu'une grosse comédie !