Me sentir utile. Pour m’oublier. Voilà la seule chose qui me fasse du bien. Malheureusement, parfois, on vient vers moi et je n’ai pas de solution à donner. Je ne pense plus qu’à lui, à longueur de journée. Je ne sais pas comment faire, quoi faire, quoi dire.
Il est un ami de longue date, un de ces amis avec qui j’ai grandi et partagé des tas de choses. Nous habitions dans la même rue. S., N. et moi. Je me souviendrai toujours d’avoir pleuré à chaudes larmes le jour où les camions de déménagement sont arrivés devant chez ses parents. Je ne lui ai jamais dit au revoir, je l’ai encore vu très souvent pendant quelques années. Nous avons ensuite fait nos vies…
J’ai toujours eu des nouvelles de lui par des amis communs et puis, depuis quelques mois, je lui parle chaque jour via internet. Hier, il m’a demandé mon aide. Hier, il m’a confié son lourd secret et m’a demandé de ne pas le laisser sombrer.
Il a plongé. Il y a quelques mois. Il est dedans. Jusqu’au cou. Il en a honte. Il voudrait ne plus souffrir, chaque nuit, trempé dans son lit. Il voudrait revenir sur terre. Toxico.
Que faire ? Je ne sais pas. Je lui ai parlé, sans le juger. Je lui ai dit que je serai là et ça lui a fait chaud au cœur. Maintenant, je me casse la tête pour savoir ce que je peux bien faire à 500 km de lui. Si j’étais sur place, tout serait bien plus simple.
Hier était la soirée « confidences ». Il a eu envie de me parler de mon mal être. Ok, abordons le sujet. Il m’a dit, avec des sanglots dans la voix, qu’il regrettait amèrement de ne pas avoir été là pour moi quand on m’a fait du mal, que le jour où il l’a appris (par mon ex) il a eu des envies de meurtre et qu’à jamais il pleurera quand il pensera à ça. J’étais en miettes. De toutes petites miettes. Je ne pouvais plus parler. Nous avons poursuivi la conversation via msn.
C’est là qu’il m’a écrit qu’il avait besoin de moi. Que malgré la distance et les années, je suis restée dans son cœur. Qu’il sait qu’il peut toujours compter sur moi. J’avais beaucoup de mal à lire ses mots, j’avais les yeux pleins de larmes. Et puis, j’ai deviné. Il m’a avoué. Nous en avons ensuite parlé ouvertement.
Mon pti pote, comment as-tu pu goûter à cette merde et en devenir accro ? Mon pti pote, merci de me faire confiance. Je vais t’aider. Je ne sais pas encore comment. Mais je t’ai promis de le faire et je n’ai qu’une parole.
Je ne suis évidemment pas très bien renseignée sur le sujet, je vais essayer de l’être un peu plus. J’irai chez lui dès que je peux. Mon chéri n’approuve pas à 100% mais il ne s’oppose pas au fait d’aller le voir.
« A la vie à la mort, on se l’était promis ». Et dire que tu n’as pas oublié…