15 grammes

La moto

Vendredi 7 Mars 2008 à 9h04

J’aime ma moto. Je l’aime terriblement. Je me sens bien dessus et il me tarde de pouvoir à nouveau rouler. Mon mari est motard, Luigi aussi.

L’année dernière, lorsque nous partions tous ensemble en balade, je ne prenais pas systématiquement ma moto. Passagère, c’est pas mal parfois… surtout lorsque c’est Luigi qui roule ! Et puis mon petit problème d’embrayage m’arrangeait bien, je laissais ma monture dans le garage. Mon mari n’aime pas avoir de passagère, alors je montais derrière Luigi… à notre plus grande joie !

En roulant, je lui mettais la main sur la cuisse, il mettait sa main sur la mienne. Quand le cœur se serrait, nous serrions nos mains très fort l’une contre l’autre. C’est comme si nous arrivions à nous dire « Je t’Aime » rien qu’avec le toucher.

Des sensations fortes à grande vitesse, des sentiments réciproques, des regards, des envies, des pulsions. Plus rien ne comptait. Plus rien d’autre que ma main sur la sienne. A la fin de la balade, il fallait revenir sur terre et vite ! La chute était violente parfois.

Et puis, il a décidé de se détacher de moi. Au mois de mai l’année dernière, nous avions déjà cessé nos petites rencontres clandestines. Il a fallu un jour que je remonte derrière lui. Nous allions chercher mon chéri au garage, avec Gio. Ce jour là, je m’efforçais de ne pas trop le toucher, de ne pas faire de gestes déplacés, je faisais attention à tout. Et puis, il a serré ma main ! Il a pris ma main et l’a serrée ! Ce jour là, c’était la dernière fois qu’il a pris ma main. Comme si je savais que c’était la dernière fois, j’ai pleuré, dans mon casque, à chaudes larmes.

Je garderai toujours un très bon souvenir de ces moments, comme tous les autres d’ailleurs.

Aujourd’hui, je n’ai qu’une envie c’est rouler, seule. L’hiver est long, bien trop long à mon goût.