15 grammes

Une fille en larmes, pas moi

Jeudi 20 Mars 2008 à 9h45

Ce matin, sur la route vers mon bureau, dans les bouchons, j’ai vu une scène qui m’a troublée. Je ne sais pas pourquoi mais j’ai dévié mon regard vers cette voiture à ma droite. Une fille était en pleurs, de gros sanglots, d’énormes larmes lui coulaient sur les joues. Elle avait l’air d’avoir beaucoup de mal, ses yeux étaient rouge vif ! Elle avait son portable en mains et je pense qu'envoyait un sms.

Cette scène m’a indéniablement fait repenser aux grands moment de solitude et aux larmes que j’ai versées quand Luigi m’a fait comprendre qu’il valait mieux arrêter. Un matin, exceptionnellement, il prenait la même route que moi pour aller travailler. La veille, il m’avait annoncé la « fin ». Je n’avais pas dormi de la nuit et pleurais à chaudes larmes quand il m’a téléphoné pour me dire qu’il était en route dans la même direction que moi. Alors, je lui ai demandé de s’arrêter et de me rejoindre dans une station pour boire un café. Je n’ai pas pu lui cacher ma tristesse. Je comprenais bien sa démarche et respectais son choix mais j’étais très peinée, et il l’a vu. Ce jour là il a été très gentil et m’a expliqué que ce n’était pas contre moi. Il a ensuite changé de décision en me disant « Nous pourrons encore nous voir, … mais moins souvent… il faut faire attention… ».

Étais-ce de la pitié ? Je me suis souvent demandé si il m’avait dit ça parce que je lui avais fait mal au cœur ce matin là. Toujours est-il que nous n’avons plus jamais eu de rencontres clandestines. Je me souviendrai toujours de chacun des instants avec Luigi. Celui là m’a particulièrement marqué car il était chargé en émotions, en tout cas pour moi.

Il me semble qu’après cela il n’y a eu que trois échanges. Un baiser chez lui : il m’a tout simplement dit « j’ai envie de t’embrasser » et bien évidemment j’en avais tout autant envie. Le jour où il a serré ma main alors que j’étais sa passagère en moto. Et puis un baiser chez moi, à la veille de son départ en vacances, dans mon garage, en mai 2007. Depuis, plus rien.

La fille qui pleurait dans sa voiture ce matin m’a donc rappelé tout cela, … mais il me semble que j’étais déjà en train de penser à lui de toute façon…