15 grammes

Une rencontre virtuelle

Mardi 25 Mars 2008 à 9h47

Par l’intermédiaire de mon journal, j’ai été contactée par plusieurs personnes depuis quelques mois. Systématiquement, j’ai trouvé du réconfort dans ce qu’on m’a écrit. Systématiquement, je me suis intéressée aux histoires de chacun et ai essayé de comprendre ce qui avait poussé ces personnes à m’écrire. Moi, 15gr, dont la vie n’est pas intéressante, dont l’histoire est banale, dont la douleur n’est due qu’à mes erreurs, je suis contactée par tous ces gens.

Il y a eu Songe, qui me remonte régulièrement le moral et m’aide à relativiser quand parfois je ne vois rien d’autre que ma douleur. C’est décidé, Songe restera près de moi maintenant, il a une place dans mon jardin secret.

Il y a eu aussi Angélique, Mûre et Patapon, Ninie, etc, qui m’envoient des e-mails ou m’écrivent sur mon forum. Alors qu’à la base l’écriture de mon journal n’est que pour moi, je suis toujours heureuse de recevoir des avis de personnes extérieures.

Et puis, il y a une rencontre virtuelle qui m’a particulièrement touchée. Un homme qui a vécu, tout comme moi, la douleur d’être l’amant mis de côté. Il a une façon incroyable de mettre des mots sur son ressenti. Quand je lis ce qu’il m’écrit, je me dis « mais c’est tout à fait ça ! ».

Par exemple, il m’a écrit ceci ce week-end : « Rentrer chacun de notre côté et devoir faire bonne figure, sourire quand on aurait bien envie de pleurer, être au milieu de mes amis et être ailleurs… C’est dur… Vivre chaque jour avec l’angoisse que tout ça s’arrête le lendemain… Ca finit par te bouffer littéralement tu sais… Parce que c’est comme ça que finissent nos relations, à nous, les amants devenus gênants.. Sans trop d’explications, sans qu’on puisse protester, sans qu’on nous donne l’occasion de tenter notre chance à fond… ». C’est tellement vrai ! C’est tout à fait cela…

Il m’a expliqué que, finalement, c’était une « chance » pour moi de ne pas avoir couché avec Luigi. « L’amour clandestin est une drogue dure. Alors que vous n’en étiez nulle part dans vos expérimentations, regarde un peu dans l’état qu’il t’a laissée, pauvre petite junkie. » En lisant ceci, je me suis dit qu’il fallait que je le remercie.

Alors, voilà, je fais un écrit en pensant très fort à lui et à tout ce qu’il m’écrit depuis quelques temps. Parfois, il me donne le sentiment que la situation dans laquelle nous sommes lui et moi est irréversible. Parfois, au contraire, il me montre que la vie continue et qu’il n’est rien que nous puissions faire pour inverser le cours des choses. Quoi qu’il me décrive, je me reconnais dans ses mots. Quoi qu’il me demande, il me force à me poser des questions que je ne m’étais pas encore posées. Et ça m’aide.

Alors voilà, ces quelques mots sont posés ici ce matin dans le but de lui dire un merci pudique, sincère et infini ! Je me sens moins seule. Et quand j’ai mal, je peux lui écrire sans avoir peur d’être jugée ou incomprise.

Merci à toi, … Merci !