15 grammes

Je n’ai pas relevé mon défi

Jeudi 27 Mars 2008 à 11h45

Hier, c’est avec un large sourire que j’ai été accueillie par la chérie de Luigi. J’étais, moi aussi, heureuse de la voir. Elle a perdu du poids et je l’ai trouvée magnifique. Elle a bonne mine et je pense ne jamais l’avoir trouvée aussi jolie. Pourtant, elle m’a dit à plusieurs reprises ne pas être en forme, elle se plaignait de tas de choses. Maladies imaginaires ou véritables maux ? Je ne sais pas. Elle me fait rire, elle a toujours autre chose, c’est tout elle ! Je lui ai même fait la remarque, elle a été obligée d’admettre qu’effectivement, elle a toujours autre chose qui déraille.

Nous avons beaucoup parlé. De leur mariage, de Luigi, de mon mari, de tas de choses, j’adore partager avec elle ! Et donc, elle m’a demandé de rester manger. Au dessus de ma tête, il y a eu mon « défi » qui s’est envolé, avec des petites ailes blanches comme dans les dessins animés.

Luigi est arrivé. Quand il m’a dit bonjour il ne m’a même pas regardée, il m’a fait la bise en regardant le frigo derrière moi. Je déteste ça, je déteste vraiment ça ! Là, c’est un petit nuage noir qui est venu s’installer au dessus de ma tête. Il s’est assis en face de moi. Je n’ai pas réussi à le regarder une seule fois. Je levais la tête quand j’étais sûre que son regard était concentré sur la salade qu’il était en train de manger… Et puis, je me suis sentie mieux quand nous avons commencé à parler. J’étais plus détendue… ouf ! Alors, j’ai réussi à lever les yeux vers lui sans être gênée. Victoire sur moi-même !

Qu’il est doux d’avoir Luigi en face de moi... Par contre, il n’avait pas l’air au mieux de sa forme ! J’ai même l’impression qu’il avait ce regard absent des pires moments que j’ai connus de lui. Aujourd’hui, après coup, j’ai envie de lui demander ce qu’il a… mais je sais d’avance qu’il ne me parlera pas. Je pense que je vais lui envoyer un e-mail quand même. Après, libre à lui de me mentir ou me répondre franchement… ou ne pas me répondre.

Quand je suis repartie, il était devant chez lui en train de fumer. Encore un souvenir m’est revenu. Avant… pendant notre « aventure »… il frôlait le coin de mes lèvres lorsqu’il me faisait la bise pour me dire au revoir. Personne ne le voyait. Le cœur léger, heureuse d’avoir vu mon amie, heureuse de ne pas avoir passé mon temps à fantasmer sur Luigi, je suis repartie. Dans ma voiture, Jean-Jacques Goldman m’a chanté « envole moi », puis « on ira » et encore quelques autre chansons, et je suis arrivée chez moi.

Mon amour n’était pas encore rentré. J’ai pris quelques nouvelles de S. pour savoir où il en est avec son sevrage, tout se passe bien mieux que prévu, je suis ravie ! Je dormais déjà quand mon mari est arrivé… Un gros câlin très tendre m’a réveillée. Embuée, je lui ai raconté ma journée et l’ai écouté me parler de la sienne… Je me suis rendormie dans ses bras.

Défi personnel perdu. Tant pis. J'aurais au moins réussi à faire abstraction de mes sentiments pour Luigi pendant que j'étais chez lui.