15 grammes

Un souvenir, ça ne se vend pas

Vendredi 23 Mai 2008 à 11h14

La voiture de Luigi. Elle est vendue. Je n’aurai plus jamais l’occasion de monter à ses côtés et repenser à ce qu’il s’est passé sur ces sièges.

Ca m'est égal, personne ne pourra jamais vendre mes souvenirs, mes pensées. Si un jour il me prend l'envie de m'y replonger, je pourrai avec exactitude me souvenir de chacun de ces moments, et même de l'odeur des sièges. Il est bien plus facile de se débarrasser du matériel que des souvenirs !

Je téléphone à Luigi tous les jours, je m'inquiète de son état de santé morale. Ca va à peu près. J'ai toujours un peu peur de le déranger mais il me répond volontiers et me donne même quelques détails sur ce qu'il ressent. Si il pouvait savoir combien ça me touche !

Tout rentre doucement dans l'ordre. Tout ira mieux très bientôt. Les maux ne seront qu'un mauvais souvenir. Les bons moments resteront gravés à jamais.

Avant-hier, j'ai parlé de moi à un collègue-ami. Nous sommes très proches. Je lui ai raconté mon "histoire clandestine". Il m'a dit avoir compris l'année dernière que je vivais quelque chose de spécial, que mon comportement au bureau avait changé. Alors, je lui ai décris ces quelques mois avec Luigi, sans lui dire de qui il s'agit. Sa réponse a été claire : "Ce n'est pas de l'amour, c'est de la passion"... et il a ajouté "Tu sais bien que la passion ça ne dure pas !". Je vais essayer d'y repenser...