Une angoisse. Rien qu’une. Ce matin. Un nœud dans le ventre. Un pincement au cœur. Une boule dans la gorge. Comme l’impression que l’air ne rentre plus dans mes poumons. Je n’ai plus envie d’être à mon bureau, derrière cet écran. Je voudrais ne voir personne. Pour réfléchir.
Je me pose trop de questions. Comme d’habitude. Je n’obtiens aucune réponse. Personne ne peut me les donner. Personne ne peut m’aider. Il paraît que mon bien-être ne dépend que de moi.
Trop souvent je souris. Trop souvent je fais bonne figure pour faire plaisir à mon entourage. Parce que tout le monde préfère rire avec moi que me consoler. Evidemment. Alors, je fais ce qu’ils veulent, prisonnière de leur volonté, je souris. Je souris si bien que personne ne me demande comment je vais. Parce que personne ne s’imagine que j’ai si mal.
J’ai passé trop de soirées à faire comme si tout allait bien. Et puis je partais me cacher dans les toilettes, pour respirer un bon coup. Pour prendre la réalité en pleine face. Pour revenir sur terre. Sur ma terre. La mienne. Celle où j’ai mal. Je serre les poings et j’y retourne. Parce qu’il le faut. Parce qu’on m’attend.
Aujourd’hui c’est pareil au bureau. Je reste assise en face de mon écran. Parce que c’est ce qu’on attend de moi. Parce que je suis payée pour le faire. Et qu’on n’attend rien d’autre de moi. Et pourtant, je voudrais marcher, pendant des heures. Rester immobile ici me donne l’impression d’être en cage. Il me faut du mouvement quand je vais mal.
Oui je vais mal. Malgré tout l’amour que mon mari m’apporte. Malgré mes amis. Malgré tout ce que l’avenir peut me réserver de beau. Oui j’ai mal. Aurais-je un jour le courage de dire stop à tout ce scénario ? Pourrais-je un jour mettre fin à mes angoisses ? Et comment ?
Et Luigi qui ne quitte pas mes pensées. Pas une seule seconde. C’est infernal. Infernal…